Situation de l’économie  municipale

Les activités économiques exercées dans la ville de Cotonou relèvent surtout du secteur tertiaire, tel que le commerce et les services, qui sont appuyées par quelques industries manufacturières. Quant aux activités agricoles, elles n’occupent qu’une petite frange de la population qui pratique le maraîchage, soit 80% des actifs agricoles. L’artisanat et le commerce constituent la base de l’économie locale de la municipalité, du fait de la présence de grands opérateurs économiques.

Les informations suivantes sont extraites du PDC2 donc datant de 2018.

Commerce et équipements marchands

Selon le RGPH4 réalisé en 2013 par l’INSAE, le commerce, la restauration, l’hébergement (40,5%), les « autres services » (24,7%) et les « industries manufacturières » (14,6%) constituent les branches d’activités qui prédominent à Cotonou. Les services sont les secteurs les plus développés à cause de la position géostratégique de la ville, corridor, plateforme portuaire, ville administrative et politique. Les activités commerciales sont orientées aussi bien vers la consommation intérieure que vers l’importation et l’exportation. La ville abrite des marchés d’importance locale, nationale et internationale. Le marché Dantokpa qui est l’un des plus grands marchés de l’Afrique de l’Ouest, reste le principal centre d’affaires de la ville. Ce marché abrite les vendeurs grossistes qui alimentent les semis grossistes et les détaillants. Sa position stratégique facilite sa fréquentation par les étrangers. En plus, son alentour est constitué de grands magasins de grossistes tenus par les libanais, les indopakistanais et les chinois exerçant au Bénin.

Analyse du secteur de l’artisanat

Nombreux sont les acteurs qui exercent dans le secteur de l’artisanat (couture, sculpture, mécanique, etc.). L’organisation des artisans en associations a permis de donner une visibilité aux différents corps de métiers existant dans la Commune. Malheureusement, l’insuffisance de maison d’artisanat, la faible promotion des produits artisanaux et le problème de leur qualité demeurent encore des handicaps pour le développement du secteur. Ne disposant pas de lieu de concentration, ils sont installés le long des rues pour exposer les objets d’art. Toutefois, l’existence du Centre de Promotion de l’Artisanat permet de recaser quelques travailleurs d’objets d’art. La prolifération des produits importés dans les marchés compromet le pouvoir de vente des artisans locaux dont les produits sont moins appréciés. A toutes ces contraintes s’ajoute le coût très élevé de la production (matières premières et coût de transformations). Il importe que l’Etat prenne des lois pour protéger les productions locales en vue de leur épanouissement. L’accompagnement financier par les microcrédits qui sont d’ailleurs difficiles d’accès est le seul recours des acteurs.

Agriculture

Toutes les activités agricoles se pratiquent à Cotonou. Il s’agit de la production végétale, de la production animale, de la production halieutique, de la transformation agroalimentaire.

Production végétale

En matière de production végétale, c’est le maraîchage qui domine dans la commune de Cotonou. C’est une production qui porte tous les traits caractéristiques des productions urbaines et péri-urbaines. Cette activité est réalisée actuellement sur treize sites répartis sur toute l’étendue du territoire de la commune. Pour la plupart, ce sont des domaines de l’Etat et de particuliers que les exploitants, généralement de petits producteurs, négocient et exploitent. Ces dernières années, ils assistent impuissants à la réduction progressive, mais significative des domaines qu’ils utilisent et aux inondations cycliques aux efforts pervers.

Production animale

L’élevage est très peu développé, peu organisé et constitue une activité secondaire pour quelques individus. Les principales espèces animales élevées sont les lapins et les volailles (poulets locaux). En ce qui concerne les porcins, un certain engouement pour leur consommation a été constaté ces dernières années. Mais l’offre ne satisfait toujours pas la demande. Un nombre très réduit d’éleveurs se donne à l’élevage à cause du niveau d’urbanisation de la ville. La présence des restaurants devrait être une opportunité à saisir par les acteurs pour couvrir les demandes sans cesse croissantes. Il est à souligner que la ville reçoit la plus grande partie de la production animale nationale, surtout le gros bétail, à savoir les petits ruminants tels que les ovins, caprins et les bovins.

Production halieutique

A Cotonou, la pêche se pratique sous trois formes. Il y a la pêche continentale qui se pratique sur le lac Nokoué à l’aide des filets à mailles serrées (Mèdokpokonou) et des Acadjas. Il y a ensuite, la pêche maritime artisanale pratiquée par les populations de pêcheurs autochtones disposant de peu de moyens et de quelques ateliers de fumage. Il y a enfin, la pêche maritime industrielle qui se pratique en haute mer avec des matériels adéquats.

Développement du tourisme

La ville de Cotonou offre d’énormes possibilités touristiques (les plages pittoresques et les berges lagunaires) avec une dominance de sites touristiques dont la moitié est constitué de divinités. Aussi il est dénombré également 13 places publiques telles que le Carrefour 16 ampoules, la Place de l’Etoile Rouge, la Place Bulgarie pouvant conférer une beauté à la ville. Mais le non aménagement desdits sites compromet leur fréquentation. De plus, le niveau d’animation et la gestion faite de ces places ne favorisent pas leur fréquentation par les populations. La conséquence est que Cotonou n’offre qu’aux touristes les bars-restaurants. La ville à une histoire qui mérite d’être retracée et matérialisée pour faire objet de promotion du tourisme. Il faut également noter que la non-praticabilité des routes secondaires inhibe le rayonnement du tourisme.

Structure d’appui au développement de l’économie locale

Le tissu économique à la base est soutenu par les banques commerciales et les Services Financiers Décentralisés (SFD). Les structures de micro-finance jouent un rôle important au niveau des ménages, majoritairement vulnérables aux chocs économique. Alors que les banques secondaires se montrent exigeantes en privilégiant la haute classe sociale, les SFD et Institutions de Micro-Finance (IMF) accompagnent plus les démunis. Au niveau national, l’effectif des SFD a connu une croissance remarquable en passant de 46 en 2010 à 52 en 2014 et à 97 en 2015. Il en est de même pour les encours de crédit et les crédits en souffrance. Le nombre de clients a augmenté alors que le nombre de bénéficiaires de crédit a diminué de manière drastique entre 2010 et 2014. Les contraintes qui limitent l’accès des populations aux microcrédits sont, entre autres, les défauts d’acte de naissance et de pièce d’identité d’une part et les défauts d’informations sur la disponibilité des crédits d’autre part, sans oublier les garanties exigées qui sont parfois insupportables.

Budget de la ville